01/08/2010 12:22

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Benoît Naert, coureur cycliste (catégorie Espoir)

Tu as souhaité réagir à l’émission Bulle d’Air ?

Oui, le sujet était le vélo : on y donnait des conseils pratiques de sécurité. Mais la question du casque n’a pas été évoquée, or selon moi c’est le plus important ! J’ai lu la position du GRACQ par rapport à l’obligation du casque : elle est objective et je la comprends. Mais je pense que la prévention passe avant tout, car même s’il n’y a plus qu’un tué sur les routes, ça sera toujours un de trop. Le port du casque doit devenir un réflexe, au même titre que la ceinture de sécurité en voiture. J’ai cassé le mien par deux fois : sans, c’est la tête qui aurait tout pris. Et ce n’est pas forcément parce que je roule en compétition que je prends plus de risques. Ca peut arriver n’importe quand ; vous pouvez rouler pendant des années sans jamais avoir de problème, puis un jour votre casque va vous sauver la vie. C’est tellement aléatoire, peu importe la pratique.

Quel est ton regard de « professionnel » sur le cycliste quotidien ?

Je suis parfois honteux d’être cycliste quand je constate le comportement de certains, qui ne servent sûrement pas la majorité : ils slaloment dangereusement entre les voitures, grillent les feux rouges… On accorde au cycliste une certaine marge de liberté qui lui permet de circuler plus facilement, et certains en font n’importe quoi ! On ne se lance pas à vélo dans la circulation du jour au lendemain sans un certain apprentissage. Je ne prétends pas être un cycliste exemplaire, mais je sais ce que c’est que de rouler près des voitures à une vitesse de 60 km/h lors des ravitaillements, j’ai de l’expérience. Donc lorsque je suis en voiture et que je peux m’arrêter, je vais parler au cycliste. L’incompréhension entre conducteurs et cyclistes naît parfois simplement d’une méconnaissance du code de la route, donc je pense que c’est important d’éduquer, de sensibiliser, de rappeler quelques points clés du code pour apaiser les tensions.

Des tensions, tu en constates beaucoup ?

A chaque sortie ! Il m’arrive de devoir circuler sur les grands axes, au milieu d’un trafic dense. Je roule vite et donc je gêne moins le trafic, mais ça ennuie malgré tout certains automobilistes. Il y a trois grandes catégories parmi les conducteurs. Tout d’abord, ceux qui roulent à vélo ou qui ont un proche qui fait du vélo. Ils comprennent ce que c’est de dépasser un vélo, évaluer les distances et les vitesses. Puis il y a les « neutres », ceux qui ne se tracassent pas trop : ils sont maladroits par moment mais ça n’est pas intentionnel. Et alors, il y a les « tarés de la route », qui klaxonnent, y vont de leur petit commentaire et dépassent en essayant de déstabiliser le cycliste. Ils sortent du boulot, ils sont énervés, ils voient un cycliste qui fait du sport au grand air, ils sont sous tension. Mais je pense qu’ils n’imaginent vraiment pas les conséquences que peut avoir ce genre de comportement : ils ne s’en rendront compte que le jour où ils feront vraiment tomber un cycliste. Du coup, j’adopte un comportement très préventif : certains automobilistes trouvent ça agressif, mais je me mets en sécurité. Si je dois occuper le milieu de la route pendant vingt mètres pour ne pas donner l’impression à une voiture qu’elle pourrait me dépasser, je lui fais peut-être perdre dix secondes, mais au moins je me suis protégé.

Propos recueillis par Florine Cuignet

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Modifié le 09/07/2009

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