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08/02/2012 15:23 |
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Luc Pire, éditeurLa plupart des gens associent réussite sociale avec la possession d’une grosse et luxueuse voiture. Pourtant vous utilisez quotidiennement un vélo pour vos déplacements urbains…Dans mon métier, l’image est importante, c’est pour ça que je suis toujours en costume-cravate. Il faut casser cette image du vélo réservé aux hippies et montrer qu’un travailleur peut et a tout intérêt à faire du vélo. En quinze ans, la quasi-totalité de mes rendez-vous bruxellois se sont faits à vélo. J’ai ainsi fait économiser 2500 € de frais de taxi à ma société. J’ai également beaucoup gagné en évitant les embouteillages de la capitale. En ville, le vélo est vraiment le plus rapide ! En tant que chef d’entreprise, je trouve intéressant de présenter à mes employés des facilités pour se déplacer à vélo. Ainsi je propose à ceux qui veulent faire leurs déplacements domicile-travail à vélo de leur en acheter un. Sur les douze personnes composant ma PME, deux ont accepté. Je n’ai pas encore pu régler le principal problème du cycliste, à savoir la transpiration, en installant une douche dans nos bureaux. Mais leurs emplacements, à Liège comme à Bruxelles, ont fait l’objet d’une véritable réflexion de mobilité. La moitié des employés venant de province, nous devions absolument être proches d’une gare ! En tant que liégeois, pensez-vous que cette ville est bien adaptée au vélo ?Il y a beaucoup d’occasions manquées à Liège : on a refait, il y a quelques années, le boulevard de la Sauvenière pour le passage du Tour de France… mais on a oublié le vélo ! Pareil pour la gare provisoire des Guillemins : les vélos sont non couverts et non sécurisés. J’espère vraiment qu’ils y ont pensé en concevant la nouvelle gare. Avec le budget qu’ils ont, cette gare doit rivaliser avec celles de Knokke ou Leuven en matière de parking vélo. Mais je vois également de petites évolutions positives. Le RAVeL urbain en fait partie, je n’hésite pas à l’emprunter si le chemin est plus agréable, même si je dois pour cela faire des détours. Il ne faut pas opposer les randonneurs du dimanche aux cyclistes quotidiens. Le cycliste deviendra quotidien lorsqu’il aura vu qu’il est possible de rouler à vélo en ville lors de ses excursions touristiques. J’entretiens la même réflexion par rapport au livre, je suis convaincu que l’adepte de la presse gratuite lira et achètera des livres. Mais pour moi, la ville idéale, c’est Louvain-la-Neuve, une ville où l’homme passe avant la voiture. Même si les pouvoirs publics pourraient aller encore plus loin en proposant la gratuité des transports en commun. Sur le long terme, ce serait rentable si on calcule l’impact sur l’environnement, la mobilité et la santé. Vous avez édité 100 questions sur les droits et devoirs du cycliste, un livre que beaucoup d’éditeurs auraient refusé car beaucoup trop ciblé…Dans l’édition, il faut croire en ses projets et penser au long terme. Pour celui-ci, j’ai dit “oui” par militantisme avant même d’en estimer les retombées économiques. Être militant ne veut pas nécessairement dire participer aux masses critiques ou aux assemblées générales du GRACQ (dont je suis membre depuis 1994). J’aimerais le faire mais je n’ai pas le temps, j’irai quand je serai pensionné. Mais il y a d’autres façons de s’investir pour le vélo. J’emporte par exemple toujours un casque avec moi lorsque je me rends à mes rendez-vous. Ce n’est pas vraiment pour la sécurité, c’est une manière d’interpeler mon interlocuteur sur mon moyen de locomotion et d’argumenter en sa faveur. Propos recueillis par Benoît Coumont |
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Modifié le 21/10/2009 |
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