17/05/2012 11:16

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Michel Croisé, CEO Sodexo Belgique

Comment avez-vous commencé à rouler à vélo ?

Un peu par hasard. Le hasard, pour moi, c’est Luc Pire. Il y a cinq ou six ans, je le vois arriver dans mon bureau avec un casque de vélo : j’étais un peu étonné. Moi, à l’époque, je faisais de la moto. On a discuté d’une série de choses sur le vélo et la moto, qui au début n’ont pas percuté. Puis un jour où j’avais rendez-vous avec lui à l’hôtel Méridien à 17h, il m’appelle deux minutes avant pour me dire qu’il est à Schuman et qu’il aura dix minutes de retard. Il y avait un sommet européen, tout le quartier était bouclé : j’ai décidé de l’attendre jusqu’à 17h15 en sachant bien qu’il ne serait jamais là à temps. Et avant 17h15, Luc Pire est arrivé ! Sans son casque : il l’avait rangé avant d’entrer. Je ne comprenais rien du tout : il m’a expliqué qu’il était venu à vélo. J’ai trouvé ça amusant, je me suis dit que je pourrais aussi me mettre au vélo. Pas très longtemps après, j’ai vu une femme qui passait sur son Brompton, elle avançait vite malgré les petites roues, sans beaucoup pédaler. Ça avait l’air agréable, ce petit vélo… Et à 45 ans, je m’en suis fait offrir un !

Aller au travail à vélo, c’est possible quand on occupe un poste tel que le vôtre ?

C’est vrai qu’au départ, ça les faisait rire ici… dans le sens positif ! Un jour, quelqu’un m’a même dit : “Vous n’allez pas me dire que vous êtes venu de chez vous! Vous vous êtes parqué au coin et vous faites semblant de venir à vélo!”. L’avantage, avec le vélo pliable, c’est que je le mets dans le coffre de la voiture. Si je constate que la météo n’annonce pas de mauvais temps et que mon agenda me le permet, je sors mon vélo du coffre et ma voiture reste au parking. Ce que j’adore à vélo – c’est aussi le cas à moto mais c’est encore plus efficace à vélo – c’est que je maîtrise mon temps de parcours : très exactement 35 minutes. Puis je fais du sport et c’est agréable, ça me vide la tête. Mais si je ne le sens pas, je ne me force pas. Si je pars à vélo puis que je vois qu’il fait trop mauvais, je rejoins le métro et je termine le trajet en transports en commun.

Circuler à vélo en ville, c’est comment ?

Il y a quelque chose que je ne supporte pas chez les cyclistes : ceux qui foncent sans regarder autour d’eux. Le cycliste est un usager vulnérable, mais cela ne lui donne pas tous les droits ! La première chose qu’on vous apprend à un cours de moto, c’est de considérer que vous n’avez jamais la priorité. Sinon, vous devez considérer en même temps que vous avez le droit d’avoir un lit dans une chambre d’hôpital. Il faut savoir se faire respecter et faire respecter ses droits, mais la première obligation que vous avez par rapport à vous-même, c’est d’essayer de faire tout ce qu’il faut pour maintenir votre intégrité physique. En voiture, on plie un peu de tôle et les assurances fonctionnent : ce n’est pas la même chose avec un fémur. Le vélo est dangereux ? Oui, sûrement, plus que la voiture. Mais faire de la voile, c’est dangereux ; la montagne, c’est dangereux ; traverser le boulevard Anspach, c’est dangereux. Tout peut être dangereux : le cycliste a simplement un devoir de prudence. Pour moi c’est quelque chose d’essentiel : quand on est un usager vulnérable, on doit se prendre soi-même en charge.

Propos recueillis par Florine Cuignet

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Modifié le 16/12/2010

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