Thomas Gunzig08/09/2010 19:56 |
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Thomas Gunzig, écrivainComment es-tu devenu cycliste quotidien?J’ai commencé à utiliser le vélo pour mes déplacements dès l’unif. Ensuite, j’ai donné des cours à la Cambre, à l’époque c’était à 10–15 minutes de chez moi et l’itinéraire était plutôt agréable. J’ai aussi donné cours à Saint-Luc : là c’était un peu plus long mais toujours agréable. Puis comme cette sensation grisante de liberté incroyable, d’ivresse et de super-puissance me plaisait, je me suis équipé : veste en Gore-tex, sur-pantalon, casque et fluo. J’ai aussi retapé mon vieux Sunn qui est devenu génial pour la ville : position redressée, léger, nerveux et roulant. Qu’est-ce qui a fait que tu ne roules plus alors?Notre déménagement de Boitsfort à Uccle a pesé dans la balance. Notre rue est une longue côte en pavés, et pour commencer mes journées ça ne m’enchantait pas, surtout que la suite du trajet n’était pas mieux. Arriver aux cours en nage, ça n’était pas vraiment mon objectif! Mais tout ça n’était pas insurmontable puisque je m’étais renseigné chez mon vélociste pour éventuellement adapter une aide électrique, mais ça allait vraiment alourdir mon vélo. Le mieux aurait été d’acheter d’un nouveau vélo… Tout cela commençait à faire de gros frais. J’ai donc gardé mon vélo tel quel. Le problème principal, c’est pour accompagner les enfants à l’école. Tu vas me dire qu’il y a plein de possibilités (carrioles, troisième roue, siège arrière), et effectivement l’école n’est pas loin. Le vrai problème est que c’est dangereux! La chaussée de Waterloo en pleine heure de pointe avec le gamin au ras des pare-chocs, le moindre automobiliste qui n’est pas bien réveillé… ça me fait peur et je n’ai pas envie de courir le risque. Donc j’accompagne les enfants à l’école en voiture, comme un con dans les embouteillages et ça m’énerve. Quand j’ai cours à la Cambre, mes horaires décalés font que je vais plus vite en voiture. Idem vis-à-vis des transports en commun, la seule ligne de bus du coin fait des détours incroyables et ne passe pas souvent. Et donc, c’est plus simple en bagnole pour moi… C’est horrible hein! Mais quand je dois faire plusieurs trajets par jour pour donner cours, rentrer bosser à la maison, aller à la RTBF, je passerais mes journées à pédaler! Et tout ça, c’est juste parce qu’on habite plus loin ! Qu’est-ce qui pourrait bien te remettre en selle?Il y a bien le RER qui pourrait me rapprocher, mais d’après ce que j’ai entendu ils ne prendront pas les vélos “traditionnels”, uniquement les pliants. Là, pour l’instant, on est vraiment loin de tout. Ma copine subit le même sort : avant, d’Ixelles à Reyers ça allait vite, mais maintenant qu’on a déménagé ça a plus que doublé son trajet ! La seule chose qui pourrait me remettre en selle quotidiennement, ça serait des horaires plus réguliers : aller au boulot le matin, bosser huit heures puis revenir. Quand j’étais libraire à Tropismes c’était super gai, mais je n’avais pas de gosses et ce n’était que deux trajets par jour. Je me dis que s’il y avait un aménagement convenable pour les vélos (le vieux débat, quoi !), j’oserais prendre les enfants et les accompagner à l’école, en plus la grande pourrait rouler seule. Franchement, l’aménagement du quartier est nullissime! J’ai bien un espoir : devenir terriblement riche, acheter une maison à Boitsfort et devenir un vrai bobo ! (rires). Propos recueillis par Geoffroy de Lavareille |
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