04/02/2012 07:59

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Des vélos en libre service à Liège et environs : utile ou futile ?

Le 21 avril 2008, le GRACQ Liège organisait, en collaboration avec urbAgora asbl, une conférence sur les vélos partagés à Liège. Voici les grandes lignes du point de vue défendu par les cyclistes liégeois devant les 80 personnes ayant participé à cette soirée.

Au gré de ses voyages, le bourgmestre de Liège a été séduit par les systèmes de vélo en libre-service qui équipent un certain nombre de villes françaises. Comme, en plus, c’est populaire, et que le pouvoir public peut avec délectation s’en remettre au privé tout en capitalisant sur la popularité attendue, l’automatisme de penser que ce serait là le remède miracle qui permettra enfin à Liège de devenir une ville cyclable est très tentant !

La Ville de Liège, qui a vendu sa bonne idée à deux communes voisines (Herstal et Seraing) envisage donc de mettre en œuvre une offre de vélos en libre service en 2009. Est-ce le choix à poser en priorité pour permettre au vélo d’enfin s’imposer dans le paysage de la mobilité liégeoise, chaque jour plus accaparé par la voiture ? Si c’était le meilleur choix, est-ce le meilleur moment ? Est-ce la meilleure utilisation de moyens financiers (500 à 700 000 € pour la seule ville de Liège) qu’on nous dit qu’il est si difficile de dégager, fût-ce pour installer des range-vélos ou même pour poser des panneaux SUL ?

Le bourgmestre de Liège semble oublier que l’offre de vélos en libre service s’insère le plus souvent dans une vraie politique de mobilité urbaine, dépassant de loin la politique cyclable. Bien avant de reprendre à son compte les vélos en libre-service inventés il y a longtemps à Rennes, ou plus récemment à Lyon, Paris a fait place au vélo (même s’il reste encore bien du travail), et, via une politique globale de mobilité, a réduit le nombre de déplacements en voiture de 15% en 5 ans. Lyon, de 15% en 10 ans grâce, ici aussi, à une politique globale. Dans les mêmes 10 années, Liège a vu augmenter de 25% le nombre de voitures qui engluent la ville ! Ça fait une sacrée différence, puisque le cycliste liégeois doit donc affronter en dix ans une pression automobile 40% plus forte que son condisciple lyonnais !

La préoccupation des cyclistes liégeois est double :

  • employer de la manière la plus efficace en faveur du vélo des moyens budgétaires publics (trop) limités, et aboutir enfin à une action qui porte des fruits rapidement ;
  • accessoirement, éviter un échec des vélos en libre-service tel que celui qu’on observe à Bruxelles car cela risque de décrédibiliser durablement d’autres efforts en faveur du vélo. Au-delà d’une succès de sympathie, notre mode de transport reste en effet d’une « légitimité » fragile ; la fatalité automobile est tellement installée au cœur de la décision politique et des comportements de mobilité des Liégeois qu’on peut craindre qu’un échec en rajoute à ce fatalisme auquel on succombe avec tant de délices…

Avant d’aborder ces questions, examinons rapidement trois des enjeux auxquels un système de vélos en libre-service est réputé répondre :

Lisez nos conclusions.

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Modifié le 16/11/2009

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