Offrir un vélo aux urbains qui en sont dépourvus faute de place pour stationner un vélo en permanence
Le stationnement est un vrai problème ; pouvoir « entreposer » dans de bonnes conditions son vélo la nuit, pouvoir le stationner durant la journée dans les espaces publics ou à proximité des équipements collectifs avec de très grandes chances de le retrouver sont aussi importants que disposer de bonnes conditions de circulation. Ce besoin est très peu pris au sérieux jusqu’à présent tant par la Ville que par la Région. Deux créneaux spécifiques :
- le stationnement des vélos dans les immeubles. Il n’existe toujours pas de règle (ni à l’échelon communal via un Règlement communal d’Urbanisme RCU, ni au niveau régional via un RRU) obligeant de prévoir du stationnement pour vélos dans les immeubles collectifs neufs ou transformés. Il faut d’ailleurs rappeler que si les nouvelles gares de Liège (Guillemins et Palais) en seront finalement dotées, ce n’est que suite aux demandes insistantes faites par le GRACQ dans le cadre d’enquêtes publiques. Par contre, rien ne semble prévu par exemple dans les annexes du Palais de justice… Prendre un tel règlement ne coûte rien, relève de la logique la plus élémentaire (pouvoir stationner dans des conditions suffisamment sûres) et permet, progressivement, d’augmenter le volume de l’offre. Cela reste donc une priorité absolue pour le mouvement cycliste. Bien sûr, cela n’épuisera pas le sujet (stationner dans de bonnes conditions dans un bâti urbain ancien reste difficile, et demandera donc des solutions variées et imaginatives), mais c’est bien le moins qu’on puisse faire si on prétend vouloir favoriser le vélo dans la ville, d’autant que cela ne coûte rien au secteur public, sauf lorsqu’il construit lui-même.
- le stationnement des vélos en rue. Ici aussi, l’offre est notoirement insuffisante. Les range-vélos existants sont par ailleurs quasi toujours implantés en empiétant sur les espaces pédestres, ce qui est rarement adéquat. Il paraît même que si les range-vélos sont peu nombreux c’est parce que certaines implantations seraient « une gêne en termes esthétiques et urbanistiques » ! Les range-vélos seraient donc plus gênants que des affiches 20m², des rez-de-chaussée commerciaux qui éventrent des immeubles historiques, des enseignes criardes, des panneaux autoroutiers en pleine ville ou des espaces publics noyés de voitures ? Notons, dans ce registre, que des vélos en libre-service risquent fort d’encore accroître la pression publicitaire sur l’espace public… Les cyclistes demandent une augmentation sensible du stationnement vélo, et rappellent que la ville de Gand a mis au point des modèles de range-vélos à établir en voirie, qui permettent de ranger 10 vélos à la place d’une auto. De quoi convaincre les commerçants les plus sceptiques.
Pour les cyclistes liégeois, si des vélos en libre-service peuvent contribuer à simplifier les choses pour ceux qui éprouvent des difficultés à stationner un vélo, d’autres actions bien plus fortes, structurantes et… bien meilleur marché sont prioritaires et urgentes pour faciliter le stationnement des vélos.