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08/02/2012 15:04 |
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Bruxelles, mardi 13 janvier 2004Salon de l’auto : ce qu’on ne vous dira pasLa Grand’messe bisannuelle des vendeurs d’autos et de motos débute ce mercredi 14 janvier au Heysel. Pour la 1e fois, le vélo n’y est pas. Mais cela n’empêche pas les cyclistes de vous informer. Le Salon est fait pour faire rêver et pour vendre un maximum d’automobiles, en présentant celles-ci sous leur meilleur jour. Ce qu’on ne vous dira donc pas sur les stands du Salon, c’est que :
Non, les cyclistes ne sont pas contre l’automobile (ils sont aussi parfois automobilistes), mais ils sont pour un usage plus rationnel de celle-ci, ce qui n’est pas vraiment ce qu’on prône au Salon. Et n’oubliez jamais que, pour chaque automobiliste qui prend le vélo ou les transports en commun pour aller travailler en ville, c’est une bagnole en moins dans les files et une place de parking qui se libère pour la journée. AnnexeTexte plus détaillé qui développe certains points évoqués ci avant. Billet d’humeur: Salon Auto-Moto 2004Du 15 au 25 janvier 2004, les Palais du Heyzel accueillent le traditionnel Salon de l’Auto et de la Moto (Brussels International Motorshow) organisé par la FEBIAC (Fédération belge de l’industrie de l’automobile et du cycle). Pour la première fois, ce sera sans le vélo, qui n’est plus présent que sur l’affiche. Il faut reconnaître que, pour certains esprits étroits, le vélo en “jette” moins, socialement parlant, et qu’il est beaucoup moins intéressant, économiquement parlant. De plus, dans ce salon décliné sur le thème du design et des belles carrosseries, il n’y a pas de place pour ceux qui ne possèdent ni moteur ni carrosserie. Bref, place aux gens sérieux, à ceux qui sont capables de faire rêver les foules, et de leur faire oublier que plus il y aura de bagnoles en circulation, plus il sera difficile de circuler… en bagnole. Car ça, personne ne le dira sur les stands des différents constructeurs. Il faut vendre, vendre plus, et encore plus. A ce qu’ils disent, ce serait bon pour l’emploi. Après “Renault Vilvorde” et “Ford Genk”, peut-on encore raisonner de la sorte? Les banquiers aussi se frottent les mains, car la plupart des gens empruntent et s’endettent pour satisfaire ces rêves qu’on leur a fabriqués sur mesure par un marketing bien orchestré. C’est le progrès, vous diront certains. Oui, mais un progrès pour qui? Puissance et sécurité au détriment de l’usager vulnérableLa plupart des fabricants misent aujourd’hui sur la sécurité… enfin, celle du conducteur et de ses passagers, car pour les usagers vulnérables, on repassera. Ceintures de sécurité, airbags avants et latéraux, freins ABS, portières renforcées, arceaux anti-écrasement en cas de tonneaux, filtres anti-pollution, intérieur silencieux, sono Hi-fi, etc. Il n’est pas étonnant que la plupart des gens croient qu’il ne peut pas leur arriver grand-chose de grave en auto. Dès lors, avec autant de puissance délivrée par une si légère pression du pied, comment ne pas avoir envie de rouler vite, plus vite, trop vite ? La vitesse et la puissance restent en tout cas des arguments de rêve et de vente, au moins aussi importants que la consommation, et bien plus que la pollution produite par les véhicules motorisés. Et pourtant, la vitesse inappropriée tue. Elle tue et blesse des dizaines de milliers de personnes chaque année, non seulement des conducteurs souvent imprudents et leurs passagers mais aussi d’autres usagers de la voie publique, dont des cyclistes et des piétons. Qu’attend-on pour imposer sur toutes les publicités automobiles le slogan “Attention! La vitesse tue…”», comme cela se fait déjà sur les paquets de cigarettes ? Et imposer aussi que l’ordinateur de bord soit programmé pour le rappeler au conducteur au moment opportun (sans possibilité de le déconnecter) ? Plutôt que de promouvoir les énormes SUV (4×4) ou de faire monter des “pare-buffles” (bêtes assez rares sur nos routes) à l’avant des véhicules, augmentant considérablement la gravité des fractures des piétons et cyclistes percutés, ou plutôt que de se contenter d’étudier des carrosseries qui risquent moins de blesser gravement le piéton ou le cycliste, ne serait-il pas plus utile d’investir dans un contrôle électronique de la vitesse en fonction de la présence d’autres usagers ? Le système ISA permet déjà de contrôler électroniquement la vitesse en fonction des limites de vitesse par tronçon de rue (via GPS). Un radar placé à l’avant pourrait détecter la présence d’usagers piétons et cyclistes, gérer la vitesse en conséquence et maintenir un écart suffisant par rapport aux cyclistes par exemple. On peut rêver, nous aussi! L’auto, responsable d’obésité et de maladies cardio-vasculairesÇa non plus, on ne vous le dira pas au Salon. Et pourtant l’auto et la moto contribuent énormément à notre sédentarité et à l’émergence de maladies liées au stress et au manque d’exercices physiques, comme l’obésité (12% des Belges), les maladies cardio-vasculaires dont l’infarctus, l’hypertension artérielle (20%), le cholestérol, le diabète de type 2, le cancer du côlon, etc. L’homme motorisé, automobiliste ou motocycliste, a vite perdu la notion d’effort physique, pour ses déplacements en tout cas. Il n’hésite plus à aller habiter loin de son travail, dans des coins reculés apparemment meilleurs marchés (ses navettes lui coûtent aussi), générant ainsi plus de trafic, plus d’encombrements, plus de pollution, plus d’accidents, etc. Outre ces maladies qui touchent ceux qui abusent de l’auto, n’oublions pas les maladies liées aux polluants émis par les moteurs: ce n’est pas par hasard si les cas d’asthme ont doublé au cours des dix dernières années. Et s’il est vrai que les moteurs récents polluent moins qu’avant, tant que l’échappement ne pourra pas se faire sans danger dans l’habitacle même de l’automobile, il restera une nuisance pour les piétons et les cyclistes, tout comme pour les habitants et les automobilistes eux-mêmes. Un congrès sur la mobilité… sans les cyclistesLes 20 et 21 janvier 2004, dans le cadre du Salon de l’Auto, sont organisées les “Rencontres de la Mobilité” (1er congrès “Rail meets Road”). Droit d’entrée: 450 euros. A la lecture du programme de ce congrès sur la mobilité, nous avons été très surpris de ne voir aucune trace du vélo ou de ses représentants. Aucune association cycliste ne semble avoir été invitée à s’exprimer. C’est comme si le vélo n’existait pas. Et pourtant, nombreux sont les ateliers où nous aurions pu apporter un éclairage différent, notamment en ce qui concerne l’intermodalité et la mobilité durable. La FEBIAC, qui vient d’intégrer la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), représentant du patronat, semble avoir oublié en même temps que 10% des ménages belges utilisent quotidiennement le vélo. Nous n’osons croire que la FEBIAC nous considère comme des ennemis de l’automobile, et pratique sciemment l’ostracisme à l’égard des cyclistes, mais cet oubli est néanmoins fâcheux et révélateur d’un état d’esprit méprisant du monde automobile pour ceux qui contrairement à eux utilisent un moyen de transport qui ne coûte pas cher, ne tue pas ou ne blesse pas des milliers d’innocents, ne pollue pas, ne fait pas de bruit, n’encourage pas la “paresse” et fait en revanche beaucoup de bien à la santé. Oui, c’est vrai: contrairement à l’automobile, le vélo demande un certain effort.. |
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Modifié le 19/02/2009 |
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