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Belgique - Fédéral, jeudi 29 janvier 2004

Les cyclistes sont opposés aux vitres teintées

La presse a annoncé ce dimanche 25 janvier que le ministre fédéral des Transports et de la Mobilité, Bert Anciaux, s’était prononcé en faveur d’une légalisation des vitres teintées opaques sur les véhicules des adeptes du “tuning”. La police a déjà fait savoir qu’elle y est opposée car cela l’empêche de pouvoir contrôler visuellement l’intérieur de ces véhicules. Les cyclistes quotidiens du GRACQ y sont aussi opposés, à l’avant parce que cela ne leur permettrait plus de croiser le regard du conducteur et de deviner ses intentions et, à l’arrière, parce que cela empêche les cyclistes de voir s’il y a quelqu’un dans le véhicule et de pouvoir anticiper une ouverture de portière.

Les vitres teintées opaques étant déjà autorisées à l’arrière, les cyclistes réclament l’interdiction des vitres teintées trop fortement opaques à l’avant et à l’arrière, et une adaptation urgente du Code afin qu’il autorise clairement les cyclistes à rouler en conservant un espace de sécurité d’un mètre sur leur droite, notamment pour éviter un accident lors d’une ouverture intempestive de portière à leur passage. Les cyclistes s’interrogent par ailleurs sur l’opportunité de l’escalade dans la puissance aveuglante des phares (Xénon) dont seuls les conducteurs munis de pare-brise opaque sembleraient protégés.

Dans la mesure où:

  • le choc d’un cycliste contre une portière entraîne presque toujours des blessures graves,
  • un cycliste qui fait un écart brusque pour éviter une portière risque d’être percuté par un véhicule s’apprêtant à le dépasser,
  • la majorité des automobilistes oublient, avant d’ouvrir leur portière, de regarder dans leur rétroviseur pour s’assurer qu’ils ne risquent pas de gêner dangereusement un cycliste (bien que ce soit prescrit par le Code à l’art. 28),
  • les vitres fortement teintées, parfois au point de les rendre opaques, sont déjà autorisées pour les vitres sur la partie arrière des véhicules, et empêchent le cycliste de prévoir si quelqu’un va en sortir,

et donc en raison du manque de visibilité et du danger qui en résulte pour eux, les cyclistes réclament:

  • l’interdiction des vitres teintées dont le degré d’opacité empêche de voir clairement à l’intérieur des véhicules, à l’avant comme à l’arrière,
  • l’autorisation pour les cyclistes de rouler en conservant un espace de sécurité d’un mètre sur leur droite (à préciser clairement dans le Code).

Actuellement, le Code de la route (art. 9.3) dit seulement que “Tout conducteur circulant sur la chaussée, doit se tenir le plus près possible du bord droit de celle-ci”, ce qui laisse libre cours à l’interprétation de chacun. Les cyclistes estiment qu’ils ont le droit de s’écarter d’un mètre pour améliorer leur sécurité, alors que les automobilistes estiment que les cyclistes devraient serrer davantage leur droite afin de rendre leur dépassement plus facile.

Le “mètre de sécurité sur la droite des cyclistes” est une revendication ancienne, approuvée par l’IBSR, qui se justifie non seulement par un évitement des portières, mais aussi entre autres parce que:

  • le cycliste adoptant ce mètre de sécurité est plus visible que celui qui frôle les véhicules ;
  • il est mieux pris en compte par les automobilistes qui, notamment en cas de dépassement, respectent mieux dans ce cas l’obligation de conserver un mètre entre l’auto et le cycliste ;
  • il risque moins de se faire surprendre par un piéton, un animal ou un objet qui surgirait brusquement sur la chaussée, entre deux véhicules en stationnement par exemple ;
  • il court moins le risque de se faire couper la route par un véhicule qui après l’avoir dépassé, tente de tourner immédiatement à droite, mais s’immobilise sur sa trajectoire (queue de poisson) ;
  • il est plus vite aperçu, sur une route prioritaire, par un véhicule venant de droite et qui n’a pas la priorité, et il aperçoit plus tôt un véhicule venant de sa droite et ayant la priorité ;
  • il ne doit pas effectuer un écart brusque vers la gauche pour éviter un nid-de-poule ou des débris coupants, mais peut les contourner en sécurité par la droite, sans couper la trajectoire des véhicules qui s’apprêtent à le dépasser ;
  • il évite enfin de rouler sur le bord droit de la chaussée, là où se trouvent statistiquement la plupart des débris perforants (verre, métal…), rejetés mécaniquement par le passage des véhicules automobiles, et qui provoquent des crevaisons très gênantes dans les pneus des cyclistes.
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Modifié le 19/02/2009

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