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08/02/2012 16:20 |
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Bruxelles, jeudi 16 septembre 2004Inauguration de la Semaine de la Mobilité 2004: Les ministres bruxellois montrent l’exempleDiscours aux ministres bruxellois, prononcé par Bernard Dehaye, président du GRACQ, jeudi 16/9/2004 au matin en inauguration de la Semaine de la Mobilité et avant la balade à vélo qui les a mené au Conseil des ministres Mesdames et Messieurs les Ministres et Secrétaires d’État, merci tout d’abord d’avoir répondu à notre invitation. En acceptant de vous rendre à vélo au Conseil des ministres, vous montrez la voie à suivre. La voie de la raison, celle qui nous pousse à penser qu’un usage plus rationnel de l’automobile passe par le recours à d’autres modes de déplacement moins polluants et meilleurs pour la santé, notamment par l’exercice physique quotidien qu’ils procurent. Je pense bien sûr à la marche et au vélo. Mais pour réduire la longueur des bouchons et libérer davantage de places de stationnement pour les autos, il faut convaincre une partie des automobilistes de renoncer à leur chère auto. Le vélo est une solution intéressante qui offre de nombreux avantages. Mais pour convaincre un nombre significatif d’automobilistes d’utiliser le vélo (l’objectif réaliste du PRD était de 10%, faut-il le rappeler), il faut procurer à ces cyclistes potentiels des conditions favorables : des infrastructures évidemment, mais aussi une sécurité subjective suffisante avec une police locale plus présente dans les rues, une meilleure formation des usagers et des campagnes d’images convaincantes. Et nous ne pensons pas que c’est en se contentant d’organiser un dimanche sans voiture festif le 19 septembre qu’on va convaincre l’automobiliste de changer d’attitude en semaine, au moment où se posent les vrais problèmes de mobilité. La journée européenne “En ville sans ma voiture” du 22 septembre avait un objectif didactique qui est cruellement oublié aujourd’hui, sacrifié sur l’autel d’une soi-disant réalité économique, qui ressemble davantage à de la frilosité et à un manque de créativité. Pourquoi ne profiterait-on pas de l’occasion pour sensibiliser les navetteurs en leur montrant qu’il est possible de laisser sa voiture dans un parking de dissuasion, et de rejoindre le centre-ville en transports en commun, gratuits pour l’occasion ? Pourquoi est-ce possible dans d’autres grandes villes européennes, et pas à Bruxelles ? Et pendant ce temps, on laisse Bruxelles s’asphyxier au sens propre et au sens économique. Est-ce bien raisonnable ? Savez-vous que notre ville-région a été classée par un audit européen comme la plus médiocre d’Europe pour sa politique cycliste ? L’audit BYPAD lui a en effet accordé à peine 30% des points. Vous me direz que quand on est tombé si bas, on ne peut que progresser. C’est vrai, mais ce n’est pas plus simple pour autant, surtout si la classe politique n’est pas vraiment convaincue de l’intérêt du vélo, et n’est pas prête à lui accorder les moyens nécessaires. Qu’est-ce qu’on reproche à Bruxelles : l’absence d’ambition, l’absence d’un plan d’ensemble, le manque de personnel et de moyens, le manque d’infrastructures (à peine ¼ du réseau d’itinéraires cyclables régionaux a été réalisé en 10 ans, on est loin de l’objectif de 77% de voiries en zones 30, il y a un manque de parkings vélos sûrs un peu partout dans la ville mais aussi dans les logements), le manque d’entretien du réseau cyclable existant, l’absence d’infrastructures dans les gares, le manque de policiers dans les rues attentifs à la sécurité routière (et si possible à vélo), le manque de formation cycliste des enfants dans les écoles, le manque de volonté politique de limiter la place de la voiture dans le centre-ville (je pense au Pentagone, notamment), la frilosité des plans de déplacement d’entreprises, l’absence de plans de déplacements scolaires, le manque de campagnes d’image en faveur du vélo, la sacro-sainte autonomie communale qui s’oppose bien souvent aux bonnes intentions de la Région (il suffit de voir ce qui se passe à Anderlecht qui refuse d’appliquer la loi sur les SUL – ces sens interdits autorisés aux cyclistes – alors que la Région subsidie une partie des travaux), et puis aussi la qualité de certains revêtements routiers parmi lesquels ces gros pavés qui font peut-être joli, mais qui cassent réellement les c… aux cyclistes. Je vais m’arrêter là dans cette énumération non exhaustive, mais vous pouvez déjà en déduire que la plupart des ministres bruxellois sont concernés, et que nous aimerions vous rencontrer pour en parler. Avant de démarrer cette courte randonnée à vélo dans Bruxelles, nous allons vous remettre un petit colis cadeau qui contient notamment la magnifique carte cycliste de Bruxelles, qui vous permettra de choisir un itinéraire pour vos prochains déplacements à vélo et à l’aide de laquelle vous pourrez mieux prendre conscience de l’énorme travail qui reste à faire au cours de la législature qui commence. Bonne route, et au plaisir de vous croiser prochainement… à vélo dans Bruxelles ! Bernard Dehaye – président du GRACQ – les Cyclistes Quotidiens |
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Modifié le 19/02/2009 |
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