17/05/2012 13:08

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Aménagements cyclables (1/12)

Les pistes cyclables… ce n’est pas la panacée

Plus de pistes cyclables »… c’est la réponse qui revient le plus souvent lorsqu’on interroge les non-cyclistes à propos des mesures qui permettraient de développer le vélo. Cette revendication est compréhensible puisque la piste cyclable est bien appréciée par les cyclistes débutants qu’elle sécurise. Pourtant, ce type d’aménagement n’est pas la panacée. Non seulement il n’est pas possible d’en réaliser partout, mais surtout, utilisé au mauvais endroit, il peut être source d’insécurité pour le cycliste… Explications.

En ville, il n’y a généralement pas la place pour aménager une piste. En comptant tout au minium règlementaire, il faut déjà 3m de largeur pour les 2 trottoirs ; 5,5m de chaussée pour la circulation générale ; et 1,8 m pour –supposons – le parking automobile dans un seul sens… soit au total déjà 10,3m. Pour y installer des pistes cyclables, il faut encore ajouter (minimum) 1,3m de largeur par sens et prévoir une zone tampon (de minimum) 50 cm le long du stationnement… soit une rue d’une largeur minimale de 13,4 m de façade à façade (ou de 15,7 m en cas de stationnement dans les deux sens). Or il est rare de trouver de telles largeurs dans les villes, en particulier dans les centres, qui sont les lieux à rendre cyclables en priorité.

Lorsque qu’il est malgré tout possible d’en aménager, les pistes cyclables peuvent être cause d’insécurité. La création d’un site propre pour cyclistes a plusieurs effets pervers :

  • elle élargit le champ visuel ouvert devant l’automobiliste, il va instinctivement avoir tendance à aller plus vite. Il lui faudra donc plus de temps pour réagir et s’arrêter en cas d’obstacle imprévu, et les chocs éventuels se produiront à des vitesses plus élevées ;
  • le fait d’être sur un site qui lui est réservé va avoir pour tendance de diminuer la vigilance du cycliste, qui adoptera une conduite moins défensive ;
  • les pistes cyclables longent généralement les voitures en stationnement. S’il n’y prend garde, le cycliste pourrait bien être confronté à des ouvertures intempestives de portières… qui peuvent faire beaucoup de dégâts ;
  • enfin, en ville, dans les faits, une piste cyclable ne fonctionne pas comme un site réservé aux cyclistes. En effet, à chaque croisement –que ce soit un carrefour ou une sortie de garage ou de parking– le cycliste partage l’espace public avec les usagers motorisés. Or, tant le cycliste que l’automobiliste ont le sentiment que l’espace leur est « réservé ». Ils sont donc plus vite surpris d’y rencontrer l’autre aux croisements et l’accident y arrive plus souvent.

Les études qui ont été faites sur le sujet montrent globalement qu’en ville, on observe que le gain de sécurité engendré grâce aux pistes cyclables dans les sections courantes est perdu aux carrefours. Le bilan global de l’aménagement est souvent négatif en terme de sécurité.

Dans l’article suivant, à paraître dans le prochain numéro de cette lettre d’information, nous expliquerons dans quels cas une piste cyclable est un aménagement approprié. Rendez-vous dans deux semaines !

Cette nouvelle est tirée de la Newsletter2

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Modifié le 12/02/2009

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