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08/02/2012 14:59 |
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Villes cyclables (4)Copenhague, ou le vélo dopé par la politique municipaleCet été, j’ai passé quatre jours à Copenhague, capitale du Danemark… et paradis des cyclistes. Copenhague est une ville portuaire de 1,8 million d’habitants, dont la densité est de 686 habitants/km² (soit dix fois moins qu’à Bruxelles). Le relief est quasi plat, les ponts constituants les rares côtes. Des prescrits urbanistiques y ont limité la hauteur des immeubles qui comptent rarement plus de cinq étages, ce qui a contribué à un certain étalement urbain, mais permet à la ville de conserver une taille plus humaine. ![]() Revenons à mes impressions de touriste. Dès la sortie de la gare, je me suis mis à la recherche des fameux vélos publics de Copenhague, disponibles gratuitement de mai à octobre. L’emprunt fonctionne selon le même principe que les caddies de nos grandes surfaces commerciales, en y glissant une pièce de monnaie de 20 couronnes danoises (environ 2,5€) que l’on peut récupérer dès qu’on le reconnecte mécaniquement à une fiche complémentaire, située dans une station d’accueil dont la situation est précisée sur une carte placée sur le guidon du vélo. Cette carte précise également la zone en dehors de laquelle le vélo ne peut être emporté. Hélas, je me suis vite rendu compte que, victimes de leur succès, il n’en restait plus un seul dans les lieux fréquentés, ou que s’il en restait un, il était le plus souvent en mauvais état. J’ai appris plus tard par un des mes guides que la ville de Copenhague procédait à un réassortiment annuel, mais que vu la gratuité et l’absence de témoin électronique, elle ne pouvait pas assurer un service de réassortiment permanent comme c’est le cas pour la plupart des systèmes de vélos en libre-service. ![]() En préparant mon séjour, j’avais réservé depuis la Belgique des vélo-tours guidés auprès de l’association Copenhagen Tours afin de pouvoir découvrir la ville autrement. J’ai finalement eu le privilège d’être guidé par leur président-fondateur, qui m’a raconté par le détail comment il s’y était pris pour convaincre 90% des hôtels de louer leurs propres vélos, à leur enseigne, et comment, suite à un coup de foudre lors d’un voyage en Extrême-Orient, il avait importé en masse, à une époque où ils n’étaient pas très connus chez nous, des rickshaws (sorte de vélo à trois roues, très utilisé en Inde et en Malaisie, où deux passagers peuvent prendre place à l’arrière). Aujourd’hui, ils ont envahi les lieux les plus touristiques. Vous y trouverez facilement un rickshaw pour faire un tour commenté de la ville tiré par un cycliste, souvent un étudiant étranger venu se faire un peu d’argent de poche pendant ses vacances. Je garde en tout cas un souvenir impérissable de ces balades à vélo à travers les parcs, le long des canaux, autour du port, à travers la vieille ville ou dans le village hippie. Au fil de mes balades, j’ai bien sûr eu le temps de découvrir et de photographier une foule de particularités cyclistes danoises. J’ai d’abord été frappé par la largeur des pistes cyclables unidirectionnelles, permettant en général un dépassement facile. Leurs dimensions sont même parfois proches de celles d’une bande de circulation automobile. Il faut dire que le débit y est parfois énorme aux heures de pointe. Il n’est pas rare de voir une centaine de cyclistes en attente au feu. J’ai trouvé un petit film très éclairant sur cette réalité cycliste danoise :
![]() Les cyclistes plus lents savent en général qu’ils doivent serrer à droite afin de permettre aux cyclistes plus rapides de les dépasser. Le revêtement en asphalte est confortable. Sur les grands axes, les cyclistes sont souvent séparés du trafic automobile, alors que dans les quartiers et les petites rues, la mixité est de mise. J’y ai vu de nombreux contresens cyclables, mais curieusement, la signalisation y est celle qui était utilisée chez nous au début des années 80, soit un disque blanc bordé de rouge interdisant la circulation des véhicules motorisés en y reprenant les symboles de l’auto et de la moto. ![]() En revanche, lors des traversées de carrefour, et aux autres endroits où ils veulent attirer l’attention sur la présence d’une piste cyclable, ils ont préféré le bleu à notre rouge, préférant peut-être associer la pratique du vélo à un appel à la courtoisie (comme pour les places de stationnement pour handicapés chez nous) plutôt qu’à un symbole de danger. Quant à la taille des logos vélo, elle est aussi symbolique puisqu’elle est souvent de la taille d’un vrai vélo. Enfin, les cyclistes bénéficient souvent de feux de circulation propres (dont une flèche de tourne-à-droite propre), doublée à leur hauteur, surmontés d’un vélo blanc sur fond bleu illuminé. Bref, les cyclistes y ont vraiment l’impression d’être traités à rang égal avec les automobilistes. Le vélo y est vraiment dans l’air du temps. Jetez un œil à ce blog pour vous en convaincre. Si vous voulez vous faire une meilleure idée de la vie à Copenhague, allez voir sur ce blog, dont le nom pourrait se traduire littéralement par “Copenhaguisez la planète”. Le sous-titre du blog est d’ailleurs “la vie dans la capitale mondiale du vélo”. Tout un programme ! Cette nouvelle est tirée de la Newsletter28 |
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Modifié le 17/02/2009 |
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